Un mot en passant
La critique est chose bien commode : on attaque avec un mot, il faut des pages pour se defendre.
JJ Rousseau
La critique est chose bien commode : on attaque avec un mot, il faut des pages pour se defendre.
JJ Rousseau
Harry Bosch, dépêché sur une affaire de meurtre dans le quartier chinois de L.A, soupçonne des activités de racket des triades locales. Préoccupé par l'enquête, il n'a pas regardé le message vidéo envoyé par maddie, sa fille de 13 ans qui vit à Hong Kong. Vision d'horreur : elle est otage des triades. Harry pensait pouvoir tout affronter, mais sa fille est son point faible... et les caids le savent!
La quatrième de couverture est son point faible, et les lecteurs ne vont pas tarder à s'apercevoir que le contenu du livre aussi..tsoin tsoin..!!!
Le bandeau le dit, Harry Bosch plus impressionnant que jamais. Bizarre, mais je n'est pas particulièrement l'impression d'avoir été remué par ce nouvel opus.
Je l'attendais pourtant cette sortie poche qui traînait de par la sortie d'une version 2.0 , aussi, à peine rentré, je plongeais avec joie pour des retrouvailles.
Chi va piano va sano ! l'enquête démarre plutôt sur le mode ronronnant, pas désagréable, mais cela déroule un peu trop facilement. Un pauvre vieux commerçant asiatique assassiné, les suspects habituels ( les gangs du coin) passés en revue, et voici le classique de l'Asie du crime, les bonnes vieilles triades !
Harry ne fait confiance à personne ( ça c'est pas nouveau c'est même ce qui fait son charme) mais patatras, voici que son rôle de père lui cause bien du soucis.
On vous l'avait caché pendant plusieurs années, mais sa fille est sa raison de vivre. Pour elle il se met aux nouvelles technologies ( n'exagérons rien, contrairement à moi il a un téléphone portable et contrairement à mon père il sait s'en servir! ).
Et voilà donc qu'il reçoit un message vidéo de Hong Kong, sa fille est prisonnière d'une triade qui veut lui faire lâcher prise. Ni une ni
deux, Harry déclare sa guerre personnelle et l'entreprise Connelly inc. se met en branle avec une partie deux ( grande nouveauté il y a trois partie dans ce livre !) digne d'un Cussler ou d'un
Ludlum. Sûrement un transfuge dans l'équipe rédactionnelle. Bref, on s'attelle au quart d'heure grand guignol mais tout finit bien et retour à L.A. Comme la journée de 24 heures en fait trente
neuf ( ça me rappelle quelque chose Jack !) il reste un peu de temps pour boucler l'enquête et répondre à quelques invraisemblances tout en en créant de nouvelles. Surtout citer tous les acteurs
du panthéon ( Mc evoy, Son ex, Haller, la psy, la légiste...les tunnels) car on pourrait les oublier d'ici le prochain volet.
Après bien des clichés ( il vire légèrement raciste le Connelly ? ) tout est bien qui fini presque bien.
Rendez vous le 15 octobre en salle pour l'adaptation ciné ....
Enfin là , j'extrapole sur la date !
La campagne fondée sur la peur de l'étranger, l'enfer des sondages, le nombre de candidats, les petites phrases assassines, la modeste contribution à
l'effort national, la relaxe d'Hortefix pour injure raciale, les primaires socialistes, l'affaire Takkiedis, la dégradation de la note gauloise par Moodix, l'enfer de la dette, la chasse aux
fraudeurs... Une fin de mandat épique pour Sarkozix !
Toujours très drôle, je n'ai qu'un regret, c'est les 32 pages qui font qu'on sort du format BD ( 42 à 48 pages en générale) pour des raisons qui me semblent purement mercantiles. Il y a de l'argent à se faire en surfant sur la vague, alors dépêchons avant le nouvel épisode qui commencera lundi !!!!
Sinon, c'est vraiment très bon, pour un peu on en redemanderait si la série n'était pas inspirée de notre quotidien. Et en reprendre pour 5
ans.....pas glop ! pas glop !
” Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien.
Avec cett e pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.
L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir.
Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse.
Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé “.
Victor HUGO, dans “Napoléon, le petit”
« Il a gagné ! C'est pas possible… Ce type vulgaire, minuscule, sans culture, agité et instable est devenu président… » Afin de ne pas se laisser aller à la dépression à l'annonce d'un tel fiasco national, Patrick Rambaud, de l'Académie Goncourt, s'est mis pour notre plus grand plaisir à écrire ces Chroniques. Un journal intime et excédé de toutes les extravagances, invraisemblances, imbécillités, dérapages et enfumages qui ont suivi l'accession au trône de Nicolas Sarkozy. Des petits bijoux d'observation, d'humour et de colère, dans une écriture fleurie et incisive, qui s'amuse à jouer sur les ressemblances troublantes entre le règne présidentiel de Sarkozy et celui de l'Empereur Napoléon Au dessin, Olivier Grojnowski s'approprie avec malice les traits des figures les plus clinquantes qui forment sa cour : le Duc de Sablé, la Baronne Dati, le Cardinal de Guéant, et bien sûr, les Impératrices successives ! Un tableau jouissif et pitoyable de la tête du pouvoir. Cet album est un florilège des meilleures chroniques issues des cinq recueils publiés aux éditions Grasset.
Ah bon, on est le 22 avril aujourd'hui ?
Mbolo je suis Dipoula! “Mbolo” chez moi ça veut dire bonjour. J'habite sur le continent africain au Gabon. Sauf que je suis né Blanc... enfin, je veux dire... Noir... Mais les gens ne me voient pas comme un africain, vu que je suis albinos... Bref c'est un peu compliqué mais avec les copains de l'orphelinat on se moque de la couleur de peau et du coup on s'éclate comme des fous! Même si des fois c'est pas du goût de la mère supérieure...
Petit garçon de 8 ans, Dipoula a eu le malheur de naître albinos au Gabon, dans une ethnie où ils sont réputés pour
attirer le mauvais oeil. Abandonné à sa naissance, il atterrit dans un orphelinat tenu par des bonnes sœurs, où il va rencontrer le petit Pahé, jeune gabonais parti vivre en Europe et qui revient
au pays.
Entre rire et émotion, une vision originale de la différence et de la difficulté à se faire une place dans le monde des adultes.
Dipoula est un enfant albinos, et en Afrique, ce n'est pas rien! Cela peut même s'avérer dangereux tant les croyances sont inscrites dans le fond des temps. D'ailleurs, Salif Keita en a très bien parlé à plusieurs reprise. Un albinos, c'est quelqu'un qui risque sa vie !
Patrick Essono, alias Pahé, met en scene la vie de cet enfant et de ses copains dans un orphelinat tenu par les soeurs et à l'école où le maitre est blanc.
Aventures farfelues, mais bien dans l'esprit de ce qui se passe dans la tête d'un gamin, les aventures de Dipoula montre que l'on peu rire de tout, mais en choisissant avec qui ! Ici il est question des tomes deux et trois, le deuxième étant axé sur la rivalité entre Pahé le nanti français et Pahé l'orphelin gabonais.
Dipoula n'est pas Aya, car il est plus ancré dans le présent, mais il apporte une vision et un éclairage sur certains problèmes récurents
en Afrique.
J'adore la façon de dessiner le gabonais type de Pahé. C'est tout Albert Bernard, enfin je veux dire Omar, avec sa moustache retombante et l'ambiance est locale locale. D'ailleurs, un peu de pub ne nuisant pas, on peut le suivre sur son blog ici.
Comme le dit le slogan," j'aime, je le défend !"
Il y a au moins dix règles claires qui président au choix d'un texte : le sacro-saint cadre des collections ( contre lequel on a inventé les titres hors collection ), le
moment stratégique ( contre lequel on a multiplié les rentrées littéraires) , le thème à la mode ( contre lequel on a inventé l'effet de surprise), la stratégiedes prix littéraires ( contre
laquelle on a inventé la stratégie de l'accaparement par quelques maisons), le manque d'argent ( contre lequel on a inventé l'argent), le genre qui fait fureur ( contre lequel on a inventé un
nouveau genre plus furieux encore)...et j'en passe.
Quel beau résumé si il en fallait un de la littérature aujourd'hui et surtout du métier d'éditeur.
Paul Fournel, je l'avais découvert avec Chamboula, histoire africaine, ou d'ailleurs...Éminent membre de l'Oulipo, ce texte est décrit comme une sextine dont l'auteur donne une définition précise en fin d'ouvrage. Une fois cela compris, on se dit " ah oui" !, mais j'avoue que durant ma lecture cela ne m'a guère influencé, voir je ne l'ai pas senti. En revanche, cela n'est peut être pas sans incidence sur le propos du livre. Car les idées développées à partir du livre, je devrais dire, l'écriture, électronique, peuvent être largement alimentées par les principes oulipiens !
-Je voulais juste savoir si ça avait bien marché avec la liseuse ce week-end, si vous vous en étiez sorti.
-Jusqu'à ce que j'oublie de la brancher, parfaitement. Ensuite, les choses se sont compliquées. J'ai essayé de la secouer, de lui souffler dessus. J'ai même tenté de donner un coup de tête dedans, regardez mes plaies. Rien n'y fait. Je suis resté dans le noir. De cette façon, la liseuse est assez reposante, je dois le reconnaître.
Peut-être est-ce cela qui rend cette lecture si agréable. Pas de parti pris ou non pris. Une exploration en règle de ses sentiments envers
la technologie, et un regard juste sur le métier d'éditeur. Paul Fournel ne prétend pas nous dicter notre future manière de lire, encore moins nous imposer sa façon de voir les choses. Il doute,
il essaie et reste lucide sur ses torts mais aussi sa passion de la lecture. Non dénué d'humour, mais pas rancunier, la liseuse mélange allègrement nostalgie des temps anciens, ouverture sur
l'avenir, et passion de toujours. Passion pour les nourritures terrestres en parfaite osmose avec les nourritures intellectuelles. Passion des femmes...en filigrane.
Un très bon livre qui se lit agréablement, même si je ne l'ai pas essayé sur une liseuse dont le test l'an passé ne m'a absolument pas convaincu, pas plus que la méthode coué de la presse.
« Oyez oyez l'invraisemblable histoire des enfants d'Hamelin qui rendirent un jour leurs parents orphelins… » Hamelin, un village allemand, au XIIIe siècle. Sur la
place publique, les villageois se désespèrent auprès de leur bourgmestre : les rats prennent tellement leurs aises qu'ils ont été jusqu'à tuer un homme ! Le bourgmestre finit par faire appel à un
étrange dératiseur. Cet étranger inquiétant entreprend de charmer les rats avec sa flûte, de les mener hors de la ville et de les noyer dans la rivière. La ville est enfin débarrassée des rats !
Seulement les habitants ingrats refusent de payer leur sauveur. Celui-ci décide alors de se venger en s'occupant des enfants du village comme il s'est occupé des rongeurs
.
De son trait hyperréaliste et proche de la gravure, évoquant les plus belles oeuvres de François Bourgeon, André Houot s'approprie une légende aussi cruelle que célèbre qui fut contée par les frères Grimm, mettant en scène un Moyen-âge victime de sa crasse et de ses superstitions.
Ainsi parle l'attaché de presse de la maison Glénat dans son argumentaire.
Et il est vrai qu'on y retrouve tout cela, mais aussi bien plus avec cette forme de boucle d'histoire dans l'histoire.Avec cette jeune fille et ce joueur qui ne meurent jamais pour mieux perpetuer le souvenir ...et distiller un malaise permanent comme le font souvent les grands contes classiques de
Grimm ou Perrault, voir E A Poe.